24.

 

Le silence régnait. Winter se concentra pour écouter le récit d’un meurtre. Il avait apporté un nouveau Metheny[6], l’avant-veille, mais il ne l’avait pas encore passé et il était toujours dans le tas posé sur l’étagère, au-dessus de son Panasonic, à gauche de la fenêtre.

Il posa le magnétophone. Les oiseaux ne chantaient pas, à l’extérieur. Il enclencha la lecture de l’enregistrement du répondeur d’Anne Nöjd.

Les cris, puis… cette autre voix, qui semblait surgir de l’enfer. Et qui avait quelque chose d’inhumain, selon lui.

Si on parvenait à séparer les deux. Les mettre l’une à côté de l’autre pour les écouter séparément.

Il y avait là un message inconscient. Comme partout, d’ailleurs.

Jeanette avait parlé d’une ritournelle que répétait son agresseur, peut-être à trois reprises. Elle n’était pas parvenue à le voir, mais elle avait entendu sa voix. Si c’était le terme qui convenait. Le bruit, en tout cas. À supposer que ce soit le même homme.

Contenait-il des mots, de vrais mots, ce message ? Était-il possible de les séparer, eux aussi, pour les entendre ? Ou au moins des bribes de phrases. De filtrer ce bruit. Cela devait être possible. À une cinquantaine de mètres de là, il y avait des spécialistes de ce genre de choses, sans compter ceux de la radio d’État.

On frappa à la porte et Ringmar entra. Il n’était pas seul, mais la femme qui l’accompagnait semblait avoir peur.

Bergenhem et Möllerström se consacraient au club et à ses propriétaires. Cela leur prit pas mal de temps. Le Baroque n’avait jamais fait l’objet d’une déclaration en bonne et due forme. Certains collègues connaissaient naturellement son existence, mais nul n’était capable de dire qui le possédait. Ils n’avaient pas encore pu tirer cela au clair, parmi tous les noms de propriétaires connus de leurs services. C’était une affaire de temps. Néanmoins, le travail à effectuer était considérable, de même que le nombre des personnes à interroger, et cela prendrait des jours.

— Il y a beaucoup de noms, dit Möllerström.

Il y en avait un en particulier, qui était lié à un restaurant dancing, un peu au sud du fleuve. Ce nom était un de ceux que l’on retrouvait le plus fréquemment, et depuis longtemps, à propos des établissements de ce genre dans la ville. Il y en avait d’autres mais ils avaient examiné toute la liste et s’étaient arrêtés sur celui-là. Ils avaient l’intention d’entendre la personne en question avant d’aller plus loin. Pourtant, Bergenhem ne nourrissait guère d’espoirs.

— Qu’est-ce que c’est qu’un restaurant dancing, au juste, de nos jours ? demanda Möllerström.

— Un endroit où les gens mangent et dansent, répondit Bergenhem.

— Est-ce que ce n’est pas un peu démodé ?

— De manger et de danser ?

Möllerström sourit.

— Non : les restaurants dancings. Ça fait un peu Hôtel du Commerce, non ?

— On verra bien, dit Bergenhem.

Ils fendaient des hordes des touristes. Nombre d’entre eux avaient l’air las et égarés, en passant devant leur voiture. Des visiteurs venus de cités lointaines, se dit Möllerström en pensant à l’Hôtel du Commerce de sa ville natale.

Les réservoirs à pétrole brillaient méchamment, de l’autre côté du fleuve. L’adresse qu’ils cherchaient était située dans l’une des maisons de brique jaune, le long de l’une des rues du port.

À l’intérieur, cela sentait la poussière et la fumée de longue date ; l’endroit avait en effet l’air d’un restaurant dancing : une vaste piste formait un demi-cercle autour d’une scène et était elle-même entourée d’un autre demi-cercle de tables et de chaises. Au fond de la salle se trouvait un bar en forme de fer à cheval. Les tables étaient recouvertes de nappes blanches et chacune d’elles était décorée d’un vase et d’une fleur.

Personne ne tenait le bar. Des instruments de musique étaient posés sur la scène. Une femme passait une serpillière, au bout d’un manche, sur le sol. De temps en temps, elle plongeait le morceau de tissu dans un seau d’eau. Le soleil dardait ses rayons par une fenêtre et ceux-ci venaient frapper le visage de la femme comme si elle s’était trouvée sur la scène, à quelques mètres de là, prête à chanter la première chanson d’amour de la soirée. Elle écarta sa tête du rayon lumineux et continua à fixer le sol à carreaux blancs et noirs. Il faisait sombre, dans cette vaste salle, et pourtant aussi clair que possible. Soudain, un rayon de soleil vint frapper un saxophone placé sur la scène et le fit briller comme de l’or.

— Voilà ce que c’est qu’un restaurant dancing, dit Möllerström.

Une porte s’ouvrit sur la gauche du bar et un homme se dirigea vers eux. Il leur tendit la main et se présenta. Il était plus grand que Bergenhem et Möllerström, avait le crâne chauve et les joues glabres. Il portait un T-shirt blanc, sous une veste de couleur sombre, et un pantalon noir.

Bergenhem garda sa main dans la sienne, tout en se présentant ainsi que Möllerström. Ce visage lui paraissait familier.

— Enchanté, dit Johan Samic.

Bergenhem lui exposa le motif de leur venue.

— Vous ne vous êtes pas trompé d’adresse, dit-il.

Bergenhem attendit la suite. Möllerström, lui, avait l’air surpris.

— Nous étions propriétaires de cet endroit, les derniers temps, dit Samic. Ce n’est un secret pour personne.

— Nous n’avons jamais parlé de secret.

— Le Baroque était un club convenable, ajouta Samic.

Qu’est-ce qu’il entend par là, bon sang ? se demanda Bergenhem.

— Nous en avons fait un endroit respectable.

— Il ne l’était pas avant ?

Samic eut un sourire.

— Nous pouvons jeter un coup d’œil ?

— Non.

— Non ?

— Je n’aime pas qu’on vienne là avant l’heure de l’ouverture pour fouiner partout.

— Nous sommes chargés d’une enquête.

— Je sais, mais qu’est-ce que ça a à voir avec mon restaurant ?

— Nous venons de vous l’expliquer.

— En effet. Alors, qu’est-ce que vous faites ici ?

— Nous avons encore quelques questions à vous poser.

— Lesquelles ?

— Nous pourrions le faire ailleurs.

— C’est-à-dire ?

— Au commissariat de police.

— Ha ha.

— Eh bien, allons-y. Vous êtes prêt ?

— Mais enfin, bon sang…

— Vous savez que vous n’avez pas le droit de refuser de nous suivre, Samic.

— Bon… mon Dieu, moi qui suis tellement débordé, en ce moment. Alors, allez-y, fouillez partout où vous voudrez. Les toilettes sont par là-bas, ajouta-t-il avec un geste du pouce. Je vous autorise à aller dans celles de dames.

— Plutôt arrogant, le bougre, dit Möllerström tandis qu’ils fendaient de nouveaux groupes de touristes. À moins que ce ne soient les mêmes qui tournent en rond, pensa-t-il.

— Je crois le connaître, dit Bergenhem.

— Ce genre de type, tu veux dire ?

— Non, l’individu lui-même.

— Tu lui as montré la photo des filles ? Et du mur ?

— Non.

— Pourquoi ?

— Les circonstances ne s’y prêtaient pas, répondit Bergenhem en se tournant vers Möllerström, qui conduisait. Il aurait nié, de toute façon.

— Tu crois ?

— Il me rappelle quelque chose, reprit Bergenhem en humant l’air qui venait lui fouetter le visage, ce n’était pas très agréable mais pas déplaisant non plus. Il faut que je regarde à nouveau les photos de Winter.

Jeanette Bielke écoutait l’enregistrement. Winter avait tenté de la préparer de son mieux, mais ce n’était pas possible.

— Je ne veux pas, dit-elle au bout de trois secondes.

— On n’a pas encore commencé.

— Je sais ce que c’est.

— Vous sa…

— Vous pouvez pas me fiche la paix ? hurla-t-elle en se mettant debout.

Ringmar n’était plus là. Winter se leva à son tour. Soudain, Jeanette bascula en arrière et s’effondra. Winter fit le tour du bureau en toute hâte. Elle gisait sur le sol, les yeux fermés. Il se pencha rapidement sur elle et elle les ouvrit à nouveau.

— Je me suis retenue avec la main, dit-elle en se mettant sur son séant et agitant un poignet douloureux. Ne faites pas attention. Allez-y, passez la bande, ajouta-t-elle en regardant Winter.

— Vous n’êtes pas obligée.

— Je suis venue ici pour ça, non ?

Winter la regarda dans les yeux. Il n’y vit personne. Elle était à la fois présente et absente.

Ils se levèrent et elle alla se rasseoir sur la chaise en regardant la platine puis Winter. Il mit la lecture en marche.

Elle écouta ce : chmépplu…

Puis Winter éteignit.

— Je ne reconnais rien, dit-elle d’une voix qui faisait l’effet d’être bien répétée et comme enregistrée sur bande, elle aussi.

Elle regarda Winter.

— C’est affreux. C’est un véritable enregistrement ?

Winter hocha la tête.

— Mais ce n’est pas moi.

Elle regarda à nouveau Winter.

— Ce n’est pas moi, sur cette bande, dit-elle en détournant les yeux vers la fenêtre ouverte. Il commence à pleuvoir.

Winter ne la lâchait pas du regard. Elle continuait à braquer le sien en direction de la fenêtre, derrière laquelle il pleuvait. L’eau venait clapoter dans le cendrier posé sur le rebord.

— Qu’est-ce que vous voulez dire : ce n’est pas moi ?

Elle regarda Winter.

— C’est quelqu’un d’autre.

Que faire ? se demanda Winter. Jeanette regardait la pluie, ailleurs, en fait. Il remit la bande en marche, mais elle n’écoutait pas.

Richard Yngvesson, lui, regardait Winter. C’était un des hommes de la police scientifique et il était assis devant son ordinateur, lequel était couplé à une table de mixage et à d’autres appareils dont Winter ne connaissait pas le nom.

— Il n’est pas nécessaire de faire appel à la radio d’État, dit Yngvesson. Je regrette que tu aies cité leur nom.

— Je te prie de m’excuser.

— Vous nous croyez aussi nuls que ça ?

— Allons, Richard. Est-ce qu’il est possible de tirer quelque chose de cet enregistrement, oui ou non ?

— Qu’est-ce que tu veux ?

— N’importe quoi qui soit compréhensible. Une phrase ou un mot. Une voix discernable. Autre chose que ce magma sonore, quoi.

— Le problème, c’est que le son n’est pas stéréo, là-dessus, répliqua Yngvesson. Ce qui passe sur le répondeur est mono, tout se trouve au centre, ajouta-t-il en regardant Winter, qui avait pris place à côté de lui. Tu comprends ? On a un seul signal pour tout.

— Je sais à peu près ce que c’est que le son mono.

Yngvesson appuya sur divers boutons, brancha divers fils et enfonça la cassette dans un appareil qui n’avait pas du tout l’air d’une platine. Le son commença à résonner.

Yngvesson écoutait attentivement.

— Ce qu’il va falloir, c’est filtrer ça, pour que ce soit propre.

— C’est possible ?

— Bien entendu.

— Bon.

— Ne te fais pas trop d’illusions. Il s’agit surtout d’éliminer les basses pour qu’elles ne soient pas aussi graves et d’accentuer les aigus dans le registre médian.

— Quand peux-tu faire ça ?

Yngvesson regarda une liste affichée sur le tableau d’affichage, à côté de son ordinateur.

— Dans une semaine.

— Oh non !

— Tu n’es pas le seul, expliqua Yngvesson. On dirait que tu crois qu’on peut lâcher ce qu’on a entre les mains, quand tu t’amènes. Il s’en passe d’autres, en ville…

— D’autres meurtres ?

— Ou…

— Donne-moi cette bande.

— Quoi ?

— Je vais aller à la radio.

— Attends, quoi, mer…

— Je me pose parfois des questions, dit Winter. Je suis chargé d’une affaire compliquée, c’est le moins qu’on puisse dire, des jeunes filles qui se font violer et assassiner en pleine ville, en ce bel été, et toi tu es là à me parler d’autres affaires plus urgentes.

— T’as fini ton discours ? demanda Yngvesson. Si oui, préviens-moi, pour que je puisse me mettre à bosser.

— Sur quoi ?

— Sur ton meurtre, tiens, répondit Yngvesson en se tournant vers l’un des écrans et observant Winter comme dans un miroir.

— Mes meurtres, il y en a plusieurs.

Yngvesson inséra à nouveau la cassette et l’écouta une fois de plus.

— Trois minutes, dit-il.

— Oui.

— Trois minutes d’agonie.

— C’est très long, pour un enregistrement sur répondeur.

Yngvesson haussa les épaules.

— Quand penses-tu disposer d’un résultat ?

— Qui a parlé de résultat ? lança Yngvesson en tapotant sur son clavier. Accorde-moi trois jours.

— Trois jours ?

— N’exagère pas, Winter. Normalement, tu aurais dû attendre une semaine ou deux et maintenant on est tombé à trois jours. D’accord ?

— D’accord.

— Trois jours pour trois minutes. Prépare-toi à ce que ça puisse durer encore un peu plus.

— Qu’est-ce que tu vas faire ?

— Je vais enregistrer ça sur l’ordinateur et je travaillerai le son au moyen de divers programmes informatiques. Il y a des applications spéciales pour nettoyer les bandes-son et les analyser. Si, par exemple, on a un bruit de fond constant, un bourdonnement ou un ventilateur, on peut enlever ces fréquences-là.

— Mmm.

— C’est pour ça que ça prend du temps. Il faut que je travaille le son unité par unité. Tu comprends ?

— Oui.

— Ce que j’ai entendu, jusqu’à présent, c’est ce qu’on appelle un effet « gilet », c’est-à-dire des sons qui ne donnent rien de précis. Il va falloir que j’essaie d’accentuer les aigus pour faire ressortir ce qui t’intéresse, je suppose.

— Tout m’intéresse.

— Je veux dire : la voix. C’est bien des mots que tu voudrais faire ressortir, n’est-ce pas ? Ou au moins une voix, des bribes de mots ou des choses de ce genre.

— En effet.

— Il y a des voix, sur cette bande, mais on ne peut rien distinguer d’autre que les appels à l’aide de la fille. Des appels qui sont plutôt des murmures, d’ailleurs. Et puis on a cet autre bruit… ce grognement ou je ne sais quoi.

— C’est surtout ça qui m’intéresse.

— Bon. Il va falloir que je me concentre sur le registre médian, que je travaille la compression. Que j’élève les parties basses et que je baisse les hautes.

Winter ne répondit rien à cela et Yngvesson écouta une nouvelle fois la bande.

— On verra si on peut parvenir à tirer des bribes de phrases de tout ça. On dirait que le portable était posé sur quelque chose. Il était dans son sac à main, hein ?

— Je ne sais pas. Il a disparu.

— Ça rend la chose encore plus délicate. Je veux dire : s’il était dans son sac à main. On a aussi l’impression qu’ils sont à des distances différentes du micro.

Winter imaginait la scène : le sac à main, le sol, l’homme, la jeune fille, la lutte, les coups, les mains, la laisse. La mort. La laisse ? Pourquoi avait-il pensé à une laisse ? Ce n’était pas le mot « ceinture » qui lui était venu à l’esprit. Ce qu’il voyait autour du cou de la jeune fille, c’était une laisse. Quelle était la différence entre une laisse et une ceinture, au juste ?

— Mais il y a du positif, aussi, reprit Yngvesson. Elle avait un kit mains libres.

— Tu crois ?

— Certainement, parce qu’on a l’impression que le micro est à l’extérieur, au moins à la fin. Le son est plus net, pour ainsi dire. Le micro a capté un son plus clair.

— On n’a rien trouvé de ce genre. Pas d’écouteurs, non plus.

Il se demanda où ils pouvaient se trouver. Quelqu’un utiliserait-il jamais ce portable à nouveau ?

Il mit Brecker à plein volume et regarda les nuages s’éloigner, peut-être pour de bon. Comme si la musique les chassait.

Il appela Angela.

— Le soleil revient. Regarde dehors.

— C’est pour me dire ça que tu m’appelles ?

— C’est suffisant, non ?

— Je te passe Elsa.

Il parla à sa fille, puis Angela reprit l’appareil.

— On est invités samedi, au fait.

— Chez qui.

— Agneta et Pelle.

— Aha. Une beach party.

— Tu es libre, non ?

— Samedi ? J’espère bien.

Je voudrais que cela ne finisse jamais
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